Avant de réagir, merci de prendre le temps de lire au complet et voir les liens en commentaire. Vous avez droit à vos opinions sur les réseaux sociaux, mais ça doit se faire avec respect.
Anciennement, il existait deux grandes catégories d’autisme : « autisme » et « asperger ». Depuis le DSM-5, la version actuelle de la bible sur les troubles mentaux, il n’existe plus qu’une seule catégorie, soit le « trouble du spectre de l’autisme ». Pendant longtemps, cela m’est apparu comme quelque chose de bien, puisque ça enlevait cette hiérarchisation malsaine entre les « autistes classiques » et les « aspergers ». En plus, ça permettait à des gens oubliés des anciens diagnostics d’avoir leur place dans le diagnostic. Donc, ce serait gagnant pour tous ? Ce n’est pas aussi simple que ça.
D’abord, il est important de comprendre une chose que je répète souvent. L’autisme n’est pas un club sélect, c’est un diagnostic. Certains diront que c’est une « identité ». Peut-être parce que ça fait partie de soi, mais ce n’est pas un choix, comme un style vestimentaire, par exemple. La grosse difficulté du diagnostic de l’autisme est qu’on ne peut pas déterminer si une personne est autiste ou non simplement en faisant une prise de sang. Donc, ça emmène son lot d’interprétation. Un spécialiste peut déterminer qu’une personne est autiste alors que cette même personne peut ne pas être autiste si elle est vue par un autre spécialiste. Donc, ceci entraîne qu’autant une personne peut être faussement diagnostiquée autiste, alors qu’une autre peut ne pas recevoir son diagnostic alors qu’elle l’est. Mais la sensibilisation qu’il y a eu ces dernières années a emmené beaucoup de positivisme à l’égard l’autisme, mais aussi un effet pervers : beaucoup de gens préfèrent être autistes qu’un diagnostic « X ». Le Dr Laurent Motron a même déclaré que ces dernières années, lors de ses études, il ne voyait plus de différence entre le cerveau d’un autiste et d’un non-autiste.
Revenons au spectre. Au départ, le but d’un diagnostic est de pouvoir ensuite donner la bonne aide à la personne. Un des gros problèmes du spectre, c’est que les autistes sont devenus un groupe hétérogène, donc, il est difficile de donner de l’aide universelle, un peu comme un diabétique qui prend de l’insuline. Par exemple, les autistes qui cadrent dans l’hypersensibilité n’ont pas les mêmes besoins que les autistes anxieux. Les autistes non verbaux n’ont pas les mêmes besoins que les autistes qui ont un intérêt spécifique.
J’ai parlé plus haut du Dr Laurent Motron. Malheureusement, il a quelques fois fait la controverse malgré lui parce que dans des documentaires, il a été cité de manière incomplète. Il est donc important de bien écouter ce qu’il a à dire avant de réagir, pas se fier uniquement à une phrase qu’il a déclarée. Il est vrai qu’il rejette l’idée du « phénotype féminin » de l’autisme. Et quand il explique pourquoi, il répond que c’est par « manque de données fiables ». Il a même déclaré qu’il était toujours enthousiaste à l’idée de faire des études sur les femmes autistes. En plus, il rejette complètement l’idée que l’autisme est l’hypermasculination du cerveau, ce que d’autres chercheurs ont évoqué. Mais cela dit, on verra ce que la science dira prochainement. Le but ici n’est pas d’enlever des diagnostics juste pour en enlever, mais plutôt de bien accompagner les femmes et les hommes. En science, les idées doivent faire consensus.
Donc, si le spectre de l’autisme n’existe plus, on le remplace par quoi ? Le Dr Laurent Motron évoque l’idée de réintroduire le type « asperger », mais sous un autre nom. Selon moi, l’autisme ne serait plus un diagnostic, mais plutôt une famille de diagnostics ou une « supergatégorie » qui contiendrait différents diagnostics qui sont liés à l’autisme, un peu comme les troubles de la personnalité qui contiennent le TPL, le TPN, le TPH, etc. De cette manière, on pourrait mieux outiller les autistes selon le type d’autisme qu’ils ont.
Mon opinion est que je ne peux pas contredire la science, mais la chose que je trouve importante, c’est d’aider les femmes et les hommes là où ces personnes ont besoin d’aide plus que dans l’idée d’utiliser l’autisme comme une identité. Je dois souligner que j’ai longuement côtoyé les réseaux sociaux. J’y ai effectivement vu des personnes qui cherchaient à être autistes pour se forger une identité, une caractéristique selon le Dr Laurent Motron, qui est d’ailleurs davantage TPL. J’y ai aussi vu des personnes qui semblaient clairement autistes, mais qui n’arrivaient pas à obtenir de diagnostic. Mais le plus important ne serait pas d’apporter l’aide plus que le diagnostic ?
Sources
https://youtu.be/WPX_B-fho7Y
https://youtu.be/JygoxezINRw
