Orion… Encore un autre navigateur web !

Orion en est à sa première version « release 1.0 » pour macOS et iOS. On y planifie sortir une version GNU/Linux pour le début 2006. Pour ce qui est de la version Windows, on vise la fin 2026. Mais qu’est-ce qu’Orion a de plus que les autres navigateurs ? Il en existe déjà plusieurs qui sont basés sur Firefox et Chromium. Pourquoi un de plus ? En quoi est-il différent ?

Orion est un projet venant de l’équipe du moteur de recherche Kagi qui est d’ailleurs de plus en plus populaire. Mais pour comprendre l’idée d’Orion, il faut à la base comprendre ce qu’est Kagi. Kagi est un moteur de recherche qui se veut respectueux de la vie privée et sans publicité. Son but est d’être efficace et de donner les résultats que l’utilisateur veut avoir, et non de favoriser certains annonceurs. Quand vient le temps d’enlever la publicité et de respecter la vie privée, il faut aussi se libérer du financement de Google, ou autre GAFAM en échange de certaines incursions. Alors, comment Kagi fait-il pour financer son développement et ses serveurs ? Simplement en offrant un forfait mensuel pour son utilisation. Il est possible de l’utiliser gratuitement, mais le nombre de requêtes est limité. Souvenez-vous que quand c’est gratuit, c’est vous le produit ! Vous devenez une cible pour la publicité que vous payez vous-même indirectement.

Maintenant, revenons à Orion. Ce navigateur nous promet d’être sans publicité, sécuritaire, sans incursion dans la vie privée, avec des fonctionnalités optimisées pour les utilisateurs. Autrement dit, offrir un navigateur rapide et simple au service de l’utilisateur et non au service des annonceurs. Orion nous promet même de n’envoyer aucune requête non sollicitée à son démarrage. Il n’a aucune télémétrie. La seule exception est qu’il est possible d’envoyer un rapport de « crash », mais c’est facultatif. Tout comme Kagi, il peut être utilisé gratuitement de manière limitée, mais un abonnement payant permet d’avoir un meilleur support et l’accès aux versions « beta ». Tout ça est dans le but d’éviter la dérive d’autres navigateurs, par exemple Firefox.

Source : https://help.kagi.com/orion/privacy-and-security/respecting-privacy.html

Une grande particularité d’Orion est qu’il est ni basé sur Chromium, ni sur Firefox. Il utilise WebKit, le même moteur que Safiri et probablement le seul moteur moderne qui n’est pas lié directement à un navigateur. Il sera donc le seul navigateur WebKit disponible sous Windows, et probablement le seul « utilisable » sous GNU/Linux s’il se rend ainsi. Ça permettra enfin d’avoir une alternative s’il existe une faille de sécurité dans Chromium.

Je vous vois venir avec vos questionnements : qu’en est-il des extensions ? De nos jours, il existe des extensions qu’on ne peut se passer comme des gestionnaires de mots de passe, des correcteurs d’orthographes, des bloqueurs de publicités, etc. Est-ce qu’on doit attendre des mois pour avoir notre extension préférée ? Rassurez-vous, l’équipe d’Orion y a pensé et vous permet d’installer autant les extensions de Chrome que les extensions de Firefox. Donc, pas besoin d’attendre le développement d’extensions spécifiques pour Orion.

Ayant un Mac à ma portée, j’ai pu tester ce navigateur. À ma grande surprise, après une journée d’utilisation, je n’ai eu aucun plantage. Pas mal pour une version 1.0.1 ! Il a déjà tout ce qu’on s’attend d’un navigateur sans trop de flafla inutile. Il est vraiment rapide. Il a quelques fonctionnalités intéressantes. On peut citer ici l’image sur image, qui permet d’afficher une vidéo d’une page web n’importe où sur l’écran tout en travaillant sur autre chose. On peut même faire en sorte que cette fonction s’active automatiquement dès que la page n’est plus en avant-plan. Il a par contre le même problème que les autres navigateurs qui ont le blocage de publicité intégré, c’est à dire, que le blocage reste limité. Mais, le problème est facilement contournable en le remplaçant par UBlock Origin. Pour ce qui est des extensions, j’ai pu en tester quelques-unes. D’ailleurs, Orion en recommande certaines. À ma grande surprise, les extensions Firefox et Chrome semblent fonctionner correctement malgré certains problèmes mineurs, mais vivables. Par exemple, Bitwarden n’est pas capable de détecter les champs du nom d’utilisateur et du mot de passe d’un site web, ce qui oblige à faire des copier-coller. Antidote Web fonctionne, mais a plusieurs bogues de déconnexions, mais, de toute manière, il est instable dans Chromium et Safari aussi. Il manquerait aussi certaines fonctionnalités, comme le fait de pouvoir choisir la langue par défaut des pages web. J’imagine que ça viendra l’or d’une prochaine version.

En résumé, Orion semble se destiner pour être un bon choix de navigateur orienté utilisateur et sans intrusion dans la vie privée. J’ai bien hâte de voir la version GNU/Linux quand elle sera disponible. On espère qu’il tiendra ses promesses et ne basculera pas du côté obscure.

https://orionbrowser.com

https://kagi.com